Jean-Louis Mohand Paul • Les Pseudonymes


Jean-Louis Mohand Paul • Les Pseudonymes

15,00
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Entretien autour de ce livre :

• sur Beur FM le 24-12-2017 au Book Club avec Philippe Robichon et Émilie Avril: https://www.youtube.com/watch?v=RHadhOUtmgc&t=35s

• le 5 décembre 2017 avec Éric Maclos à l’Autre Livre : vidéo sur youtube Entretien à l'Autre Livre

Naître métis d’un amour bouleversé par la «guerre d’Algérie» en France constitue matière à roman historique. Mais personne n’explique à l’enfant… comment il est né… la mère ouvrière hospitalisée pour tuberculose… le père engagé dans une lutte politique âpre et périlleuse, à Nanterre… la bataille d’Alger dans ce que l’on appelait alors un «département français», au loin… la peur et l’hostilité des entourages d’emprunt… qui vous adopte et comment… quelles mamans on a, quel père on n’a pas… On n’en reçoit que des échos parcellaires, des mensonges, des injures. Puis c’est fini, on n’en parle plus. Comme si le quartier populaire avait oublié les tensions et les cruautés qui en faisaient le quotidien, il y a six mois à peine, dans le Paris de 1961.

 

Le présent roman tente une reconstitution plausible de parcours individuels à travers une évocation précise de ce contexte, sur un plan psycho-social fait de hantises, d’incompréhension, de racisme.

 

Également paru : Le Faux-fils, roman, Éditions Al Manar, mars 2019, isbn 978-2-36426-246-1, https://editmanar.com/editions/livres/le-faux-fils/

Une enfance malheureuse dans un pauvre quartier de Paris durant les années 1960: c'est celle de l'enfant né du drame reconstitué (?) dans les Pseudonymes. Comment? des faits authentiques qui ont à voir avec les secrets de la vie privée et de la psycho-sociologie. Mais pourquoi? on ne sait pas, l’enfant l’ignore. • Le «roman» avance vers la crise où le mystère est révélé à l’adolescent. Puis il évoque l’inintérêt dont témoigne celui-ci à l’égard de son passé inconnu; et il avance vers la conclusion: pourquoi cette distance en lui pour sa propre histoire? Ce livre porte aussi sur le racisme dans la vie quotidienne d’alors.

Communiqué du 28 août 2019 : Et moi, et moi… Combien d’enfants maltraités, voir d’enfants martyrs, ajouteraient légitimement leur voix à l’effervescence soudain motivée dans le monde médiatique par la publication du livre de Yann Moix, Orléans? Elle met en avant son évocation de traitements extrêmes – le câble électrique en guise de fouet [cf. Note en fin de ce communiqué], les excréments servis à table… –, « insoutenables » mais, peut-être, vendeurs. Puis le père publie à son tour, minore : sans doute il a pu se montrer brutal, il a été élevé ainsi, il a fait de son mieux. Ces autojustifications – j’en ai entendues de semblables – ne démentent pas, je dirais même pourraient confirmer les excès de cette «banalité du mal» combien enfouie normalement depuis tant de siècles. Le frère cadet intervient à son tour – quelle famille médiatique! – : non, c’est lui qui fut victime, pas de ses parents, mais de son aîné, de l’auteur non de ses jours, mais de ce livre, avec des traitements analogues. L’œuvre serait-elle une projection psychotique attribuant la position de victime au tortionnaire? Puis il ressort que privatum l’auteur d’Orléans, qui présentait son ouvrage comme autobiographique, confie lors de ses «dîners en ville» vite colportés avoir «exagéré» systématiquement.
En mars 2019 a paru mon roman le Faux-fils, aux éditions Al Manar. Son éditeur a choisi pour le prière d’insérer un extrait du chapitre IX où est mentionné l’emploi nullement ludique d’un jouet en plastique filiforme, une épée façon fleuret. Ce roman est tissu de mon histoire personnelle et, s’il transpose quelques hypothèses construites sur le doute et le mensonge dans lequel je vécus enfant, il n’«exagère» aucun des «traitements insoutenables», mais non pas inconcevables, qu’il évoque. Ceux-ci sont authentiques. Je ne sais s’il y a un club des enfants si mal nourris, mais ont resurgi dans mon récit telles scènes, lorsque j’arrivais, vers mes cinq ans, dans mon espèce de famille que je n’acceptais pas, où je vomissais dans mon assiette sitôt la soupe ingurgitée ; et en effet (ce n’est pas moi qui exagère), j’entendais « Remange ton vomi », et devais m’exécuter. Je me souviens du goût de l’amertume, et que je pleurais.
Je n’ai jamais lu de livres, ni de chroniques, ni d’articles, ni de caricatures antisémites de M. Y. Moix, ni vu ses films, ni assisté à ses émissions télévisuelles. À parcourir les «bonnes feuilles» que l’éditeur d’Orléans affiche sur son site, je suis surpris de tout ce que pouvait penser à cinq ans l’élève de classe maternelle, ce qu’il savait qu’il éprouvait, avec les mots de ce savoir… Ce qui me semble immoral, calculateur, ce n’est pas de se dépouiller, comme on fait quand on se livre, mais de se repouiller avec les oripeaux d’une expérience qu’il aura «exagérée». Une manie récemment surgie de la surabondance informationnelle fait émerger un quart d’heure des quidams, connus ou non, qui «cherchent à exister» par la dénonciation mensongère d’un tort délictueux – enlèvement, agression, viol, etc. Formellement, ni éthiquement, on ne saurait se tenir dans une «zone grise» où le témoignage de faits que l’on prétend avérés se révèle une fiction romanesque, genre où l’on peut à l’inverse, et à la rigueur, imaginer tout ce que l’on veut puisque le lecteur est prévenu que «c’est du cinéma». Les maltraité(e)s, les torturé(e)s, les humilié(e)s trop réels, et le plus souvent muets, ignorés ou bâillonnés, sont trop innombrables pour qu’on s’en attribue l’«image».
Je ne veux rattacher le Faux-fils à cette attention momentanée autour de l’enfance malheureuse, attention plutôt collatérale, polarisée en fait sur l’auteur célèbre et versatile. D’abord cette maltraitance n’est pas le seul fil conducteur de mon livre. Puis j’aurais scrupule à valoriser cet aspect. Depuis Jules Vallès, Jules Renard, Gaston Leval, notoire et oubliée, elle est une réalité que l’on écarte de la vie collective – dont elle est partie intégrante – et qui ne saurait être exagérée. – Jean-Louis Mohand Paul.

Note du 30-08-2019. – L’auteur évoquait déjà ces sévices dans le roman Panthéon paru en 2006. À ce propos, il «nuançait» dans Libération du 2 août 2006: «Pas enfant martyr, pas frappé de façon systématique, pas mis au placard, mais frappé de façon disproportionnée par rapport à mes conneries.» Que telles scènes traumatiques ressortent et orientent l’histoire individuelle est attesté surtout par le sentiment que pour ses «conneries» il eût dû être «moins» frappé, comme s’il était en cela une façon «proportionnée». Y. Moix ajoutait alors, vantard et comme pour prévenir ou surpasser des «concurrences»: «Les autres enfants battus qui veulent faire larmoyer méritent une bonne correction.» La motivation concurrentielle, (extra-)littéraire,  procède par intimidation, méthode élitaire fréquente chez ceux qui ont part au monopole de la parole publique. «Plus battu que moix, tu meurs!» Comme s’il s’agissait de concours, de podium! Et qui d’autre parlerait  ou écrirait de cela voudrait «faire larmoyer».

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