Benoît Malon • La Troisième Défaite du prolétariat français


Benoît Malon • La Troisième Défaite du prolétariat français

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Benoît Malon (1841-1893), participa pour la Commune de Paris à la  Commission du travail et de l’échange ; il soutint la minorité lors de la scission du Comité central et contre les réminiscences jacobines et autoritaires du Comité de salut public. Membre de la Première Internationale, il avait figuré parmi les accusés des deuxième et troisième procès dont l’A.I.T. avait été l’objet en 1868 et 1870. Il s’inscrivit quelques mois, en 1868, à la Fraternité de Bakounine. Réfugié en Suisse après 1871, proche alors de James Guillaume (dont l’imprimerie éditera la présente Histoire), accusé par le Comité central de l’A.I.T. que tenaient les pro-marxistes lors de la scission de 1872, il soutiendra les tendances bakouniniste et majoritaire de cette association. S’il est réducteur de définir une femme selon l’activité de son compagnon, il reste réciproquement significatif que Malon ait été l’époux de Léodile Béra (connue sous le pseudonyme d’André Léo) : son attention à l’implication et à la lutte des femmes durant la Commune, des ambulancières aux tirailleuses ou à la Compagnie des jeunes filles, atteste une conscience égalitaire peu répandue de son temps.
La Troisième Défaite… importe par son témoignage sur les conditions stratégiques d’une lutte sociale spontanée et quasiment vaincue d’avance par un encerclement dont les deux dimensions, militaire et idéologique, connaissent un développement de masse encore inédit dans l’histoire : accumulation de forces gigantesques techniquement suréquipées et déchaînement des moyens de propagande. L’évolution du conflit est restituée par la mise en regard des déclarations politiques de la Commune et, d’autre part, des calomnies que diffuse la presse industrielle, destinées dans leur énormité à faire accepter et dénier à la fois le massacre programmé.
Malon note la barbarie de l’armée française formée dans les luttes coloniales en Algérie. La Semaine sanglante, tragédie fondatrice de la IIIe République bourgeoise, peut être comprise comme anticipant et préparant des processus qu’on a qualifiés de sociocides — destructions de masses pour des motifs sociaux quels qu’ils soient — : camps et trains de déportation, tortures sexualisées, exhaustivité de la tuerie, idéologie sacrificielle affolée.
La question des violences se trouve ainsi reposée : les bombes à pétrole des versaillais, leurs tracés de couloirs au sein des groupes d’immeubles pour encercler à couvert les barricades, contribueront majoritairement à la destruction d’une ville que les communalistes avaient entrepris de défendre, et dont les images de dévastation serviront contre eux.
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