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Édition et distribution de livres
Le Pèlerinage sire Harold, Chants I et II / traduits en vers par Florence Guilhot et Jean-Louis Paul. Texte original en regard. / 186 pages. Paru 9-2001. / ean 9782845050242 / Distribution Hachette
La satiété, qui témoigne parfois d’une incertitude sur le sens des joies consenties au destin humain, conduit Byron, âgé de vingt ans, vers des contrées moins civiles que l’Angleterre où il n’a pas encore droit de cité. Là-bas, vers l’Orient, le soleil, le ciel ont une autre densité ; la noblesse suppose l’héroïsme ; les femmes ont l’œil noir…
La parution de ces chants I et II, en 1812, rendit Byron célèbre en Angleterre, puis en fit un archétype pour le style, les lettres, la musique du romantisme européen – lequel estompera souvent son ironie, son sens de la satire – ; le conformisme réduira par ailleurs son désarroi à un artifice. La licence de la pensée, cependant, n’exclut jamais une intense détresse : la peine de vivre, le mal d’exister dans un monde qui suit son cours deviennent l’expérience centrale de la poésie.
La traduction tente de restituer le rythme spécifique de la stance anglaise spensérienne : 10 décasyllabes conclus par un alexandrin, qui n'a pas son équivalent dans la prosodie française, et repose sur un jeu de trois rimes entrecroisées.
« Harold pense ainsi comme, des monts, il
Prend son chemin en solitaire guise.
Il songe à fuir le lieu bel et tranquille,
Plus inquiet que l'hirondelle en la bise :
Sans doute ici, un temps, il moralise ;
Méditation va parfois lui parlant ;
Sage Raison l'invite bas : “Méprise
Ta jeunesse assoupie en fous élans !”
Mais contempler le vrai trouble ses yeux dolents. »
(Chant I, stance xxvii, où le rejet du premier vers ne procède pas d'une astuce des traducteurs, mais d'un jeu de l'auteur.